Phonographie

Développer la parole et l’écoute

Le but de mélanger éducation populaire politique et retranscription sonore n’est pas d’inventer une méthode nouvelle de travailler. Vraiment rien de neuf ici. Inviter les gens à s’exprimer, on le fait depuis trèèèèèèèèèèès longtemps. C’est pas très difficile. Ça coûte moins cher pour évoquer un sujet que de faire un travail de recherche sur ce dernier. Ça fabrique inévitablement une polarisation du débat. C’est super y a de la sueur, du sang, des larmes ça c’est de l’infotainment, les gens vont accrocher!

D’un certain point de vue, ça fonctionne. On regarde et on écoute des débats de plateau en continu sur toutes les chaînes de radio et de télévision. On a même cherché à faire en sorte que le débat soit éclairé par des spécialistes qui ont été sélectionné·es pour leur concision, leur capacité à délivrer une analyse accessible. Et qu’on aime ou pas, ce sont sur ces plateau qu’est fait une énorme partie du spectacle de la politique.

Mais vous en êtes très certainement conscient·e : Il ne s’agit pas d’un format favorable à la transformation sociale. Que ce soit les figures sur les plateaux, les modèles, de financement, ou encore plus simplement le casting des spécialistes. Les membres de la classe dominante occupent chacun des sièges, dictent les règles et donc faussent le jeu. Dans le meilleur des cas on aura des représentant·es des classes opprimées qui s’exprimeront pour elles parce qu’il faut bien faire exister cette parole. Mais ce n’est pas suffisant. La rhétorique euphémise la violence de la réalité parce que celle ci devient un sujet de débat.

Vous vous rappelez peut-être le début de l’apparition médiatique des Gilets Jaunes : le traitement différencié auquel on a donné droit dans l’espace médiatique, les gens ont des histoires à raconter et peuvent les raconter sans représentation protocolaire. À bien des échelles de la société la prise de contrôle sur le récit du réel manque. Elle est le fait de corps intermédiaires qui parlent pour les autres parce q'u’il faut bien que quelqu’un le fasse et ce sont les mieux outillé·es pour le faire. On peut pas leurs reprocher de faire du mieux qu’ils et elles peuvent. Cependant il faut reconnaître que la parole des premier·es concerné·es est la plus précise pour raconter leur·e réalité.

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Le porteur de parole amplifié

Vous connaissez peut-être le porteur de parole. Un dispositif qui pose une question écrite dans l’espace publique pour que les passant·es s’en saisissent. Les réponses apportées sont retranscrites à l’écrit et affiché pour construire un recueil de points de vue situés.

Il nous est apparus que ce qui posait problème c’est la retranscription du travail des passant·es. C’est pourquoi on se propose de retranscrire en audio la richesse et la couleur du parlé de chacun·e. Ce montage est ainsi plus facile à partager qu’un ensemble de banderoles manuscrites.

Petites histoires // grande histoire

Cet exercice permet à un collectif de prendre le temps de se rencontrer et de se raconter. On peut en profiter pour recueillir les anecdotes qui ont mené les membres de ce collectif a se rassembler.

Tirer le fil pour tisser une toile de nos histoires pour étoffer l’histoire de l’engagement des opprimé·es : ses formes, ses racines, ses contradictions et ses réalisations.

 

Captation audio de conférence

Parfois la prise de conscience collective appelle des approffondissements conceptuels. Avoir les mots pour lutter est un enjeux décisif. Seulement un livre n"‘étant pas forcément accessible on peut préférer inviter l’intellectuel·le en personne.

Mais comment s’assurer d’avoir le temps d’aborder les questions qui nous sont propre ? On a pris une habitude assez étrange dans les luttes : on invite les intello·ttes pour que nos collectifs se saisissent du savoir universitaire mais on ne s’attarde pas sur son appropriation. Ces dernier·ères se retrouvent donc en tribune pour parler de ce qu’ielles connaissent parce qu’ielles sont humain·es et parce que parler à une tribune c’est intimidant, pour tout le monde même quand on a plus l’habitude.

C’est dans ce cadre qu’on reproduit de la domination par le savoir par une situation asymétrique. On peut faire autrement en structurant collectivement ces moments d’appropriation du savoir et en les prolongeant via un média plus accessible à chacun en les enregistrant.

animation de l’actualité du collectif

Quand un collectif atteint une certaine importance, l’information a du mal à circuler. Elle ne se matérialise souvent que sous la forme de compte-rendus. Si on a les ressources on produit un agenda à placer en vitrine. Mais cette information a l’inconvénient d’être unidirectionnelle : du centre vers la périphérie.

C’est sur ce paramètre que L’Agence de Décommunication peut intervenir. En passant du temps dans tous les sous-groupes du collectif on peut rassembler un éventail de points de vue.